Au revoir Montréal

31 05 2009

Aujourd’hui, c’est ma dernière journée à Montréal. C’est bientôt la fin. Je suis excité et nerveux à la fois. Je ne suis pas triste de quitter mon appartement, même si je l’aimais beaucoup. Je ne suis pas attaché au matériel. Je vais m’ennuyer de plusieurs choses, mais surtout de mes amis et amies et de mon frère.

Cette semaine a été dure, physiquement. J’ai tenté de voir tout mon petit monde. J’ai donc consommé beaucoup de bières et de vins. Je me suis couché tard, très tard, ces derniers jours. J’ai pu remarquer que mes amis éprouvaient des difficultés à rester éveillés après 1h00 du matin. Tiens, tiens. Pourtant, ils me rappelaient tous en se moquant que les bars de Hull et d’Ottawa fermaient à 2h00. Vous vieillissez mes amis! Heureusement, la semaine n’a pas été triste.

Demain, nous partons pour Hull. Nous aurons les clés de notre nouvelle maison. Une grosse semaine de peinture en perspective; douze pièces à couvrir de nouvelles couleurs pour cacher les tons de pastel qui s’y trouvent.

Est-ce que nous sommes prêts? Euh… Presque. Il nous reste encore quelques boîtes et quelques achats à faire. D’ailleurs, il faut que je m’y remette.

Au revoir mes amis. Au revoir Montréal. Hull nous attend. On se revoit bientôt.





Mes premiers contacts avec Hull

21 05 2009

J’aimerais bien écrire sur Hull, mais je n’y suis allé qu’à quatre ou cinq reprises. C’est peu pour connaître une ville. Mes premiers contacts avec cette ville furent, disons, brutaux. La deuxième fois que j’y ai mis les pieds, j’aidais Steph à se trouver un logement abordable.

Alors que nous nous promenions tranquillement, ma copine, nos deux chiens et moi, dans le paisible quartier Île-de-Hull, communément appelé le Vieux-Hull, un couple dans la mi-trentaine est sorti précipitamment d’une taverne. L’homme criait des insultes à la femme. La femme lui répondait en utilisant le même ton sympathique. Si j’ai bien compris, celui-ci était le père de l’enfant de celle-ci et, visiblement, leur relation n’était pas au beau fixe. L’homme ne voulait pas payer les couches du poupon ou quelque chose comme ça. Enfin, la scène s’est poursuivie dans un stationnement près de l’endroit où nous nous trouvions. La femme tentait de regagner une voiture. Au moment où elle a tenté d’ouvrir la portière de la voiture, l’homme est intervenu en refermant brutalement la portière. Leurs cris ont alors gagné en volume. L’homme semblait vraiment en colère. Il me sembla qu’il voulait la frapper ou du moins la bousculer.

C’est alors que je suis intervenu dans cette chicane de ménage : « Hey! oh! Arrêter! ». L’homme en furie se retourna vers moi les yeux rouge sang. Il n’avait pas apprécié mon intervention. Il m’a envoyé promener. Pendant qu’il me proférait quelques insultes bien articulées, la femme ouvrit la portière de la voiture, s’y engouffra et déguerpie. Bon, mon intervention était une réussite. Je pouvais poursuivre mon chemin. L’homme ne l’entendait pas ainsi. Il a foncé vers moi en me criant des noms. Il était, semble-t-il, en désaccord avec la justesse de ma collaboration à la scène. Il me l’a craché au visage. J’ai tenté de lui expliquer le pourquoi de ma réplique, mais il n’écoutait rien. Je n’ai pas su utiliser le bon ton pour qu’il comprenne. Il était toujours aussi mécontent. Il voulait s’en prendre à mon intégrité physique et à celle de mes chiens. Hein? Je ne comprenais plus. Que venait faire mes chiens dans cette histoire? Je l’ai laissé achever son exposé. Une fois terminé, il s’est retourné et s’en est allé vers la taverne. En grognant. Peut-être tentait-il ainsi de discuter avec mes chiens? Je n’ai jamais su et je n’ai pas osé lui demander.

Ah oui! Ma copine. Elle était restée tout ce temps à l’écart, tétanisée. Elle attendait que la scène se termine et que je reprenne notre promenade. Je marchais la tête haute, fier de moi. Je trouvais que j’avais bien joué mon rôle. Je me questionnais aussi sur l’avenir du poupon. C’est alors que je me suis retourné vers Steph. Tout de suite, j’ai remarqué la blancheur de son visage. Elle n’avait pas du tout apprécié que j’intervienne dans la chicane du couple. Elle paniquait. Elle croyait qu’il nous pourchasserait comme un charognard du désert qui poursuit inlassablement sa proie. Elle n’avait pas aimé le coup du « m’a tué tes chiens, mon sacrament! ». Elle craignait pour la vie de nos bêtes. J’ai tenté de la rassurer, mais en vain, surtout que nous devions retourner près de la taverne pour visiter un logement.

Mettons que le quartier ne partait pas gagnant. La propriétaire du logement n’a pas amélioré notre opinion. D’abord, elle a tenté de nous faire avaler que les assoiffés de la taverne étaient des personnes tranquilles. Elle nous a aussi raconté qu’elle habitait le quartier depuis trente ans et que le soir elle n’osait pas sortir de chez elle. B-R-A-V-O! Steph n’était ni emballée ni rassurée.

Heureusement, elle a trouvé une chambre chez une enseignante à la retraite qui vivait plus au nord de la ville. Une petite femme douce et gentille. Elle contrastait vraiment avec le couple du Vieux-Hull. Steph demeure encore à cet endroit.

Depuis, je suis retourné à Hull à quelques reprises. Aucun autre événement fâcheux ne s’est produit. Je me promets d’aller faire un autre tour dans ce bizarre de quartier qu’est Île-de-Hull. Des bars, des restos et des salles de spectacle s’y trouvent. La ville essaie de le revitaliser depuis quelques années. C’est un long processus qui demande beaucoup d’argent et de courage de la part des nouveaux résidents et commerçants. En effectuant quelques recherches sur le Web, j’ai appris que le Vieux-Hull était surnommé le Petit Chicago durant la période de prohibition en Ontario. Les bars et les salles de spectacles les plus rapprochés de cette province se trouvaient au Vieux-Hull. Des artistes internationaux, comme Louis Armstrong, Ella Fitzgerald et Duke Ellington, s’y produisaient régulièrement. On dit même que Al Capone cachait de l’alcool à Buckingham, une ville près de Hull. Une rumeur courait à l’époque qui impliquait les Hullois dans la fondation de Las-Vegas. Tiens, tiens, tiens, cette ville a quand même une histoire riche et intrigante. Je devrai en apprendre davantage.

La semaine prochaine, je proposerai mon dernier texte en tant que Montréalais. AAAAAAHHH! Déjà. Le temps passe si vite.





Une longue et tortueuse route

15 05 2009

En janvier dernier, je me suis dit à moi-même : « 2009, ce sera une grosse année pour moi ». À ce moment-là, la décision de déménager n’était même pas envisagée. Je pensais plutôt à ma carrière. Je venais de fonder une maison de production avec mon frère et mon père. Nous avions l’ambition de tourner un premier court-métrage par nos propres moyens. Mais acheter une maison… euh… non pas prévue. Pas cette année du moins. Mais pourquoi ne pas ajouter une propriété à cette grosse année? Alors nous nous sommes lancés, Steph et moi, sur ce long chemin tortueux qu’est l’achat d’une maison.

Il a d’abord fallu choisir notre marché. Nous avons évalué plusieurs villes. Comme je craignais de quitter la métropole, nous avons pensé à l’Ouest de l’île de Montréal, comme Dorval, Beaconsfield, Kirkland, Pointe-Claire, Baie-d’Urfé et Pierrefonds. Steph pensait pouvoir faire le trajet Montréal-Hull en autobus tous les jours. Nous avons vite rejeté ces possibilités. C’est quoi ces prix-là?! Seuls les cabanons étaient dans nos moyens. Bordel! 400 000$ pour une si petite maison, c’est quoi le délire? Nous avons alors pensé à l’extérieur de l’Île ou sur le chemin vers Ottawa : Vaudreuil-Dorion, Rigaud, Lachute, Mirabel, Hawkesbury, Montebello, Thurso, Buckigham. Bof! Nous aurions été loin de tout. Steph aurait eu à se taper deux heures de route tous les jours, et moi, plusieurs longues minutes pour atteindre Montréal, et je ne parle même pas des heures de pointe. AH! Pis ça ne me tentait pas de vivre là. Ainsi, la dernière option qui s’offrait à nous : la belle région de l’Outaouais ou son vis-à-vis, Ottawa. Comme je suis travailleur autonome et pigiste, c’était plus simple pour nous que je m’installe en Outaouais et que je fasse le voyagement à Montréal. Un de nous deux était au moins gagnant. Je me suis donc résolu à ce choix que j’essayais d’éviter. Comme bien des gens, j’avais un sac bourré de préjugés. Mais bon, « allons visiter » que je me suis dit.

Notre pré-autorisation hypothécaire en poche, nous avons consulté les offres qui correspondaient à notre budget sur les sites mls.ca et duproprio.com. Quelques-unes nous semblaient intéressantes. En contactant un agent immobilier pour visiter l’une des maisons qu’il représentait, il s’est offert pour être notre agent. Ouin, ok, il connaît la région mieux que nous. Je lui faisais à moitié confiance. Nous nous sommes organisés une journée bien remplie. Une douzaine de maisons à visiter. Douze! Aucun temps mort. En fin de journée, deux (2) maisons nous intéressaient. Une plus que l’autre. Notre agent nous poussait dans le dos pour que nous décidions rapidement. Il nous donnait 24 heures de réflexion. WO! Du calme! C’est moi qui va dépenser tout ce bel argent et toi qui va encaisser la commission. Il soutenait que ces maisons ne seraient plus sur le marché à la fin de la semaine. 24 heures pour décider si nous faisions une offre d’achat sur l’une de ces maisons. C’est un peu court jeune homme!

C’est pas facile de choisir une maison. C’est quoi nos priorités? Un bungalow, un cottage, une maison de ville, un semi-détaché, une petite maison, une grande maison, beaucoup de pièces, de grandes pièces, de belles pièces, une grande cour, sans rénovation, avec des rénovations mais un bon prix, bien située géographiquement, une belle et grande cuisine, du charme, de hauts plafonds, des planchers de bois franc, du tapis, etc.? À Hull, Aylmer, Gatineau, Ottawa, Chelsea, Cantley? Ouf! Nous étions confus. 24 heures pour décider. Tic. Tac. Tic. Tac. Bordel, c’est pas un quiz télé, avec une maison à gagner, c’est la plus grosse dépense de ma vie que je m’apprête à faire. 

Tout au long du processus, pour me donner confiance et pour mieux comprendre ce dans quoi je m’embarquais, j’ai questionné mon entourage. Quelle erreur! J’étais plus mélangé qu’autre chose. Tous et chacun ont une vision bien différente de la chose. J’avais vraiment l’impression que toutes mes décisions n’étaient pas les bonnes. Je me trouvais nul. J’étais totalement découragé. J’ai failli tout lâcher et choisir de demeurer dans mon appartement à Montréal. Finalement, je me suis fâché et j’ai décidé que j’irai de l’avant en suivant mon instinct et celui de Steph.

Nous avons fait une offre d’achat sur notre maison préférée. Malheur! Il y avait déjà des acheteurs pour cette maison. Heureusement, ils n’avaient pas relevé toutes leurs conditions. Ils espéraient vendre leur autre maison avant d’acheter celle-ci. Par un habile jeu de pouvoir, nous avons réussi à obtenir la maison. Notre agent était content. Nous aussi.

Je critique notre agent, mais il nous a bien conseillé. Je l’ai su après coup. Les autres maisons qui nous intéressaient sont disparues rapidement du marché et très peu, vraiment très peu, de nouvelles propriétés ont été mises sur le marché depuis. Nous avions agi vite et nous avions gagné.

L’achat d’une maison ne s’arrête pas là. Oh non! D’autres personnes voulaient notre argent. Nous avons magasiné un prêteur hypothécaire, un notaire, un déménageur, alouette. Une belle bande de rapaces attirés par l’odeur de l’argent. Toutes ces belles gens nous ont raconté un paquet de sornettes et offert une multitude de cochonneries. Nous étions complètement confus et à leur merci. Nous avons à nouveau questionné notre entourage. Quelle erreur encore! Chacun y allait de ses opinions, de ses expériences, de ses conseils et de ses critiques. Nous, nous voulions juste savoir qui et quoi choisir. C’est pas si simple il faut croire. Nous avons encore choisi de suivre notre instinct. Nous n’avons pas si mal choisi. Mais tout n’est pas réglé. La maison n’est pas encore nôtre. Elle le sera le 1er juin si tout se passe bien.

Entre temps, il nous faut décider de la déco. Une autre longue et tortueuse route.





À faire avant de partir

11 05 2009

Le processus « boîte » se poursuit. C’est difficile. Chaque boîte est pour moi un exercice qui demande beaucoup d’effort. Le vieil ado en moi se questionne toujours sur le concept de faire quelque chose qui sera défait avant peu. Comme mon lit. Je sais c’est plus beau à regarder un lit bien fait, mais maudit que c’est inutile. Surtout que j’ai toujours trouvé qu’il était plus confortable quand il était en fouillis. Il me paraît plus vivant. Un lit trop bien fait ne me semble pas du tout attrayant. Bref, faire des boîtes me donne l’impression d’enlever la vie à mes trucs. Comme ce masque africain qui, emballé dans un doux papier de soie, se retrouve dans son cercueil de carton. Heureusement, je me dis pour me consoler, il vivra à nouveau dans un nouvel environnement, mais il n’aura plus la même signification qu’avant. Quelle mélancolie! Bah, c’est pas si pire que ça. J’essaie surtout de me trouver des raisons pour me soustraire à ma besogne. Paresseux va! Hey! Il me reste encore quelques semaines devant moi. Ça va passer vite tu verras, m’a averti ma maman.

C’est drôle, plus le temps s’écoule, plus j’ai l’impression que je dois tout faire ce que j’aimais faire ici, à Montréal. Comme un malade qui sait qu’il va mourir avant peu. Je m’efforce de voir mes amis, de jouer au basket avec mon frère, de bouquiner, de profiter des attraits de ma rue Masson (elle m’appartient, si si), flâner au Centre-ville et sur le Plateau, aller au cinéma avec mon Movie Club, promener mes chiens sur le Mont-Royal, bouquiner, etc. Comme si la possibilité de le faire à nouveau sera à jamais anéantie. C’est complètement idiot. J’ai peur d’être nostalgique faut croire. En fin de semaine, j’ai pu rayer « assister à un match de l’Impact » et « déjeuner à l’omelette au feta chez Byblos » à ma longue liste.

À l’inverse, je prépare mon arrivée à Hull. Je planifie, ce qui me ressemble très peu. Je ne dois pas m’y ennuyé. Je « spote » les trucs à faire, à ne pas manquer. D’ailleurs, j’ai déjà acheté mes premiers billets pour mon premier show à Hull. Et pas n’importe lequel : Patrick Watson. J’ai hâte. Après Bruxelles, Berlin, Paris et Londres, il s’arrête à Hull. Wow! Tout de même.

Entre temps, je continue de cocher ma liste de trucs à faire absolument avant de partir. Et vous? Si vous deviez quitter votre ville de résidence, quelle serait votre liste de choses à faire avant de partir?





En route vers un déménagement

1 05 2009

12h36. Le 17 août 2008. Jackie, ma grosse Bouvier bernois, fonce en hurlant vers la porte d’entrée de notre appartement de sa belle voix de Mogwai. Elle était suivie de Layla, un genre de  terrier, héroïne d’une pub de pedigree, et de Steph, ma copine. Fière, Jackie a averti Layla qui a averti Steph qui m’a averti que le facteur venait de déposer des enveloppes dans notre boîte aux lettres. Steph attendait SA lettre de notre merveilleux et dynamique gouvernement fédéral. Elle avait postulé à quelques ministères et espérait recevoir des nouvelles de ses entrevues. Haletante, elle est revenue vers la cuisine en souriant. Elle avait le poste qu’elle convoitait. Bravo!

 

Bing! Bang! Deux semaines plus tard elle était partie de notre appartement me laissant nos bêtes poilues. Ish! Les premières semaines ont été difficiles. Elle partait tous les lundis matins pour Hull. Je devais la reconduire à la gare d’autobus à 5h00. En revenant, l’appartement me semblait vide. La promenade du matin avec mes chiennes me semblait une vraie corvée (C’est Steph qui s’en occupait le matin). Surtout les jours de tournage. Il m’est arrivé de me lever à 3h00 du matin pour promener mes bêtes parce que je commençais mes journées de tournage à 5h00. C’est dur sur le système. Par ailleurs, je m’ennuyais. Les chiennes aussi. On se regardait souvent l’air hébété ne sachant quoi se dire. Puis, les semaines ont passé. Je me suis habitué à ma nouvelle situation. Un peu trop il faut croire. Tous les vendredis soir, elle revenait chez nous à Montréal et tous les vendredis soirs, je me sentais bousculé dans mon univers. NOOOOOON! Je suis devenu un vieux garçon! Misère.

 

En janvier 2009, j’ai dit à Steph que j’étais tanné de la situation. Il fallait trouver une solution. Toutes les possibilités ont été évaluées : s’installer dans le West Island, à Lachute, à mi-chemin entre Montréal et Ottawa ou carrément dans l’Outaouais. Chaque matin, je changeais d’idée. Je ne me résignais à un choix. Surtout que le plus raisonnable consistait à partir de Montréal. Finalement, on a choisi de déménager dans la région de l’Outaouais. C’était pas évident à avaler. Comme tous les montréalais, je pensais qu’après Montréal, il n’y avait rien. C’est quoi ça une région?

 

Tranquillement, très tranquillement, je me suis fait à l’idée. Je quittais Montréal pour le vrai. L’idée s’est cristallisée pour de bon dans mon esprit après que l’achat de notre première maison fut complété. J’allais devenir un banlieusard d’une plus petite ville. Je le serai le 5 juin. Bon, je vous laisse. J’ai encore des boîtes à faire. 

 

Pour ceux qui se questionnent sur le chant du Mogwai et sur la pub de pedigree :