En janvier dernier, je me suis dit à moi-même : « 2009, ce sera une grosse année pour moi ». À ce moment-là, la décision de déménager n’était même pas envisagée. Je pensais plutôt à ma carrière. Je venais de fonder une maison de production avec mon frère et mon père. Nous avions l’ambition de tourner un premier court-métrage par nos propres moyens. Mais acheter une maison… euh… non pas prévue. Pas cette année du moins. Mais pourquoi ne pas ajouter une propriété à cette grosse année? Alors nous nous sommes lancés, Steph et moi, sur ce long chemin tortueux qu’est l’achat d’une maison.
Il a d’abord fallu choisir notre marché. Nous avons évalué plusieurs villes. Comme je craignais de quitter la métropole, nous avons pensé à l’Ouest de l’île de Montréal, comme Dorval, Beaconsfield, Kirkland, Pointe-Claire, Baie-d’Urfé et Pierrefonds. Steph pensait pouvoir faire le trajet Montréal-Hull en autobus tous les jours. Nous avons vite rejeté ces possibilités. C’est quoi ces prix-là?! Seuls les cabanons étaient dans nos moyens. Bordel! 400 000$ pour une si petite maison, c’est quoi le délire? Nous avons alors pensé à l’extérieur de l’Île ou sur le chemin vers Ottawa : Vaudreuil-Dorion, Rigaud, Lachute, Mirabel, Hawkesbury, Montebello, Thurso, Buckigham. Bof! Nous aurions été loin de tout. Steph aurait eu à se taper deux heures de route tous les jours, et moi, plusieurs longues minutes pour atteindre Montréal, et je ne parle même pas des heures de pointe. AH! Pis ça ne me tentait pas de vivre là. Ainsi, la dernière option qui s’offrait à nous : la belle région de l’Outaouais ou son vis-à-vis, Ottawa. Comme je suis travailleur autonome et pigiste, c’était plus simple pour nous que je m’installe en Outaouais et que je fasse le voyagement à Montréal. Un de nous deux était au moins gagnant. Je me suis donc résolu à ce choix que j’essayais d’éviter. Comme bien des gens, j’avais un sac bourré de préjugés. Mais bon, « allons visiter » que je me suis dit.
Notre pré-autorisation hypothécaire en poche, nous avons consulté les offres qui correspondaient à notre budget sur les sites mls.ca et duproprio.com. Quelques-unes nous semblaient intéressantes. En contactant un agent immobilier pour visiter l’une des maisons qu’il représentait, il s’est offert pour être notre agent. Ouin, ok, il connaît la région mieux que nous. Je lui faisais à moitié confiance. Nous nous sommes organisés une journée bien remplie. Une douzaine de maisons à visiter. Douze! Aucun temps mort. En fin de journée, deux (2) maisons nous intéressaient. Une plus que l’autre. Notre agent nous poussait dans le dos pour que nous décidions rapidement. Il nous donnait 24 heures de réflexion. WO! Du calme! C’est moi qui va dépenser tout ce bel argent et toi qui va encaisser la commission. Il soutenait que ces maisons ne seraient plus sur le marché à la fin de la semaine. 24 heures pour décider si nous faisions une offre d’achat sur l’une de ces maisons. C’est un peu court jeune homme!
C’est pas facile de choisir une maison. C’est quoi nos priorités? Un bungalow, un cottage, une maison de ville, un semi-détaché, une petite maison, une grande maison, beaucoup de pièces, de grandes pièces, de belles pièces, une grande cour, sans rénovation, avec des rénovations mais un bon prix, bien située géographiquement, une belle et grande cuisine, du charme, de hauts plafonds, des planchers de bois franc, du tapis, etc.? À Hull, Aylmer, Gatineau, Ottawa, Chelsea, Cantley? Ouf! Nous étions confus. 24 heures pour décider. Tic. Tac. Tic. Tac. Bordel, c’est pas un quiz télé, avec une maison à gagner, c’est la plus grosse dépense de ma vie que je m’apprête à faire.
Tout au long du processus, pour me donner confiance et pour mieux comprendre ce dans quoi je m’embarquais, j’ai questionné mon entourage. Quelle erreur! J’étais plus mélangé qu’autre chose. Tous et chacun ont une vision bien différente de la chose. J’avais vraiment l’impression que toutes mes décisions n’étaient pas les bonnes. Je me trouvais nul. J’étais totalement découragé. J’ai failli tout lâcher et choisir de demeurer dans mon appartement à Montréal. Finalement, je me suis fâché et j’ai décidé que j’irai de l’avant en suivant mon instinct et celui de Steph.
Nous avons fait une offre d’achat sur notre maison préférée. Malheur! Il y avait déjà des acheteurs pour cette maison. Heureusement, ils n’avaient pas relevé toutes leurs conditions. Ils espéraient vendre leur autre maison avant d’acheter celle-ci. Par un habile jeu de pouvoir, nous avons réussi à obtenir la maison. Notre agent était content. Nous aussi.
Je critique notre agent, mais il nous a bien conseillé. Je l’ai su après coup. Les autres maisons qui nous intéressaient sont disparues rapidement du marché et très peu, vraiment très peu, de nouvelles propriétés ont été mises sur le marché depuis. Nous avions agi vite et nous avions gagné.
L’achat d’une maison ne s’arrête pas là. Oh non! D’autres personnes voulaient notre argent. Nous avons magasiné un prêteur hypothécaire, un notaire, un déménageur, alouette. Une belle bande de rapaces attirés par l’odeur de l’argent. Toutes ces belles gens nous ont raconté un paquet de sornettes et offert une multitude de cochonneries. Nous étions complètement confus et à leur merci. Nous avons à nouveau questionné notre entourage. Quelle erreur encore! Chacun y allait de ses opinions, de ses expériences, de ses conseils et de ses critiques. Nous, nous voulions juste savoir qui et quoi choisir. C’est pas si simple il faut croire. Nous avons encore choisi de suivre notre instinct. Nous n’avons pas si mal choisi. Mais tout n’est pas réglé. La maison n’est pas encore nôtre. Elle le sera le 1er juin si tout se passe bien.
Entre temps, il nous faut décider de la déco. Une autre longue et tortueuse route.