J’avais promis que je ne parlerais plus de moi, mais j’ai envie de terminer mon chapitre sur Montréal. Il me restait un dernier paragraphe avant de pouvoir finalement tourner la page.
Vendredi dernier, Steph et moi avons pris l’auto à Hull, traversé Ottawa et emprunté l’autoroute 417 en direction de Montréal. Deux heures plus tard, nous étions rendus. Le soir-même, j’en ai profité pour fêter le départ de mon ami Dom pour Rouyn-Noranda. Le lendemain matin, j’étais aussi peu vivant que mon appartement. C’est triste un appartement sans meuble, c’est encore plus triste un ancien appartement sans meuble. Je ne me sentais plus chez moi. Je ne retrouvais que quelques références à un lieu où j’ai habité pendant cinq belles années. Nous nous sentions si peu chez nous que nous avons préféré retourner à Hull dès le dimanche matin après avoir récupéré ce qui nous appartenait encore, salué nos gentils voisins et remis les clés de l’appartement à notre propriétaire. Ce dernier a décidé de détruire la salle de bain et de la rénover entièrement jetant à la rue un magnifique bain sur patte qui se trouvait là depuis la construction du bâtiment dans les années 1930. Nous sommes donc les derniers en avoir profité. Adieu madame la baignoire. J’espère que quelqu’un vous récupérera et profitera encore de vous.
Cette semaine, j’ai découvert davantage Hull. Un peu. Je passe encore beaucoup de temps à modeler l’intérieur de notre maison afin de la rendre à notre goût. C’est long. J’ai quand même eu le temps de passer par la Trappe à fromage, une fromagerie située sur le boulevard Saint-Raymond. C’est assez vaste, c’est beau et ça sent bon le fromage. Ils offrent une multitude de produits du Québec et d’ailleurs. Ils proposent également des produits de leur confection. J’ai d’ailleurs essayé leur fromage en crottes et leurs rillettes aux deux saumons. Mmm! En goûtant le fromage, squik-squik à souhait, des images de Saint-Fidèle me se venues à l’esprit. J’ai retrouvé l’espace d’un instant ces voyages à Tadoussac que nous faisions, ma famille et moi, pour visiter ma grand-mère. Nous arrêtions presque toujours en chemin à la Fromagerie Saint-Fidèle pour acheter un grand sac, que je trouvais toujours trop petit, de fromage en crottes. Nous le dévorions durant le reste du trajet. De leur côté, les rillettes étaient bonnes, originales et de texture agréable. Je les trouvais cependant légèrement trop citronnées, mais ça ne m’a pas empêché de les finir accompagné d’un doux Vinho Verde assis sur ma terrasse ensoleillée. Je me promets de retourner à cette fromagerie.
Ce soir, un grand soir, j’assisterai, en compagnie de mon frère, à mon premier spectacle à Hull : Patrick Watson à la salle Jean-Despréz. La salle ne contient que 153 places. Ça promet d’être intimiste. Un show intimiste de Patrick Watson, j’en ai déjà des frissons. Il faut dire qu’en écrivant cette chronique j’écoute Big Bird In A Small Cage.
En terminant, je dois exprimer mon découragement concernant la règlementation des chiens dans cette ville. En lisant un article du journal LeDroit, j’ai appris que la ville de Gatineau, qui inclut Hull, s’apprêtait à réglementer davantage les chiens. Les pitbulls et les terriers devront être muselés dès qu’ils seront à l’extérieur des limites du terrain de leur propriétaire. Aussi, la grande majorité des parcs de la ville se verront dotés d’une multitude de panneaux interdisant l’accès à ces parcs à tous les chiens. Bordel! Qu’est-ce qui se passe dans la tête des gens pour que la peur des chiens s’y soit si facilement installée? Une paranoïa quasi généralisée. Ce sont des chiens, des animaux domestiqués, pas des tigres. Ça me rappelle cette vidéo de Jean-Luc Mongrain qui exprimait sa vis-à-vis de la ville de Westmount et un policier qui avait remis une contravention à un homme pour avoir nourri un écureuil prétextant qu’il était formellement interdit de nourrir des bêtes sauvages. Certains vont me dire qu’il arrive que des chiens mordent des enfants. C’est extrêmement désolant que de tels événements surviennent, mais ce sont des événements isolés. La grande majorité des chiens ne sont pas agressifs. Je suis écoeuré de payer pour les autres et de l’intolérance justifié par la sécurité. Mes chiennes sont bien élevées, elles adorent l’espèce humaine et aiment jouer librement. Nous n’avons pas tous des hectares de terrain à leur offrir. Pourquoi il ne pourrait pas y avoir une période de tolérance allouée aux chiens dans les parcs, genre de 6h00 à 8h00 et de 21h00 à 23h00. La plupart des propriétaires de chiens promènent leur toutou à ces heures et personne n’utilise les parcs à ces périodes. Ce n’était guère mieux à Montréal. Le Québec est l’un des endroits les plus restrictifs pour les chiens au monde. À Central Park, situé dans la métropole du Monde, les chiens, et il y en a beaucoup, sont tolérés sans laisse. Les New-Yorkais ont d’autres choses à faire qu’écoeurer les propriétaires de chiens ou les hommes qui nourrissent les écureuils. Je ne laisserai pas cette situation se détériorer davantage.
À suivre.
Pour finir, la vidéo de Jean-Luc Mongrain en colère.