Mes premières découvertes

18 06 2009

J’avais promis que je ne parlerais plus de moi, mais j’ai envie de terminer mon chapitre sur Montréal. Il me restait un dernier paragraphe avant de pouvoir finalement tourner la page.

Vendredi dernier, Steph et moi avons pris l’auto à Hull, traversé Ottawa et emprunté l’autoroute 417 en direction de Montréal. Deux heures plus tard, nous étions rendus. Le soir-même, j’en ai profité pour fêter le départ de mon ami Dom pour Rouyn-Noranda. Le lendemain matin, j’étais aussi peu vivant que mon appartement. C’est triste un appartement sans meuble, c’est encore plus triste un ancien appartement sans meuble. Je ne me sentais plus chez moi. Je ne retrouvais que quelques références à un lieu où j’ai habité pendant cinq belles années. Nous nous sentions si peu chez nous que nous avons préféré retourner à Hull dès le dimanche matin après avoir récupéré ce qui nous appartenait encore, salué nos gentils voisins et remis les clés de l’appartement à notre propriétaire. Ce dernier a décidé de détruire la salle de bain et de la rénover entièrement jetant à la rue un magnifique bain sur patte qui se trouvait là depuis la construction du bâtiment dans les années 1930. Nous sommes donc les derniers en avoir profité. Adieu madame la baignoire. J’espère que quelqu’un vous récupérera et profitera encore de vous.

Cette semaine, j’ai découvert davantage Hull. Un peu. Je passe encore beaucoup de temps à modeler l’intérieur de notre maison afin de la rendre à notre goût. C’est long. J’ai quand même eu le temps de passer par la Trappe à fromage, une fromagerie située sur le boulevard Saint-Raymond. C’est assez vaste, c’est beau et ça sent bon le fromage. Ils offrent une multitude de produits du Québec et d’ailleurs. Ils proposent également des produits de leur confection. J’ai d’ailleurs essayé leur fromage en crottes et leurs rillettes aux deux saumons. Mmm! En goûtant le fromage, squik-squik à souhait, des images de Saint-Fidèle me se venues à l’esprit. J’ai retrouvé l’espace d’un instant ces voyages à Tadoussac que nous faisions, ma famille et moi, pour visiter ma grand-mère. Nous arrêtions presque toujours en chemin à la Fromagerie Saint-Fidèle pour acheter un grand sac, que je trouvais toujours trop petit, de fromage en crottes. Nous le dévorions durant le reste du trajet. De leur côté, les rillettes étaient bonnes, originales et de texture agréable. Je les trouvais cependant légèrement trop citronnées, mais ça ne m’a pas empêché de les finir accompagné d’un doux Vinho Verde assis sur ma terrasse ensoleillée. Je me promets de retourner à cette fromagerie.

Ce soir, un grand soir, j’assisterai, en compagnie de mon frère, à mon premier spectacle à Hull : Patrick Watson à la salle Jean-Despréz. La salle ne contient que 153 places. Ça promet d’être intimiste. Un show intimiste de Patrick Watson, j’en ai déjà des frissons. Il faut dire qu’en écrivant cette chronique j’écoute Big Bird In A Small Cage.

En terminant, je dois exprimer mon découragement concernant la règlementation des chiens dans cette ville. En lisant un article du journal LeDroit, j’ai appris que la ville de Gatineau, qui inclut Hull, s’apprêtait à réglementer davantage les chiens. Les pitbulls et les terriers devront être muselés dès qu’ils seront à l’extérieur des limites du terrain de leur propriétaire. Aussi, la grande majorité des parcs de la ville se verront dotés d’une multitude de panneaux interdisant l’accès à ces parcs à tous les chiens. Bordel! Qu’est-ce qui se passe dans la tête des gens pour que la peur des chiens s’y soit si facilement installée? Une paranoïa quasi généralisée. Ce sont des chiens, des animaux domestiqués, pas des tigres. Ça me rappelle cette vidéo de Jean-Luc Mongrain qui exprimait sa vis-à-vis de la ville de Westmount et un policier qui avait remis une contravention à un homme pour avoir nourri un écureuil prétextant qu’il était formellement interdit de nourrir des bêtes sauvages. Certains vont me dire qu’il arrive que des chiens mordent des enfants. C’est extrêmement désolant que de tels événements surviennent, mais ce sont des événements isolés. La grande majorité des chiens ne sont pas agressifs. Je suis écoeuré de payer pour les autres et de l’intolérance justifié par la sécurité. Mes chiennes sont bien élevées, elles adorent l’espèce humaine et aiment jouer librement. Nous n’avons pas tous des hectares de terrain à leur offrir. Pourquoi il ne pourrait pas y avoir une période de tolérance allouée aux chiens dans les parcs, genre de 6h00 à 8h00 et de 21h00 à 23h00. La plupart des propriétaires de chiens promènent leur toutou à ces heures et personne n’utilise les parcs à ces périodes. Ce n’était guère mieux à Montréal. Le Québec est l’un des endroits les plus restrictifs pour les chiens au monde. À Central Park, situé dans la métropole du Monde, les chiens, et il y en a beaucoup, sont tolérés sans laisse. Les New-Yorkais ont d’autres choses à faire qu’écoeurer les propriétaires de chiens ou les hommes qui nourrissent les écureuils. Je ne laisserai pas cette situation se détériorer davantage.

À suivre.

Pour finir, la vidéo de Jean-Luc Mongrain en colère.





Bonjour Hull!

11 06 2009

Ah! Enfin! Ma première chronique en terre hulloise. Voici le déroulement de mes deux premières semaines à Hull.

Nous avons eu les clés de la maison le 1er juin après un passage obligé chez le notaire. Nous nous sommes aussitôt dirigés vers notre maison. Pilotant notre Corolla, je suivais Steph qui conduisait la Civic qui, contre toute attente, avait réussi à faire le voyage de Montréal à Hull. Cette Civic qui a débuté sa vie à Charlesbourg, puis à Saint-Romuald avant de se retrouver à Montréal. Cette Civic qui a été volée, puis retrouvée à Blainville. Cette Civic qui nous a si bien servi qu’elle en est à 300 000 km au compteur.

En se stationnant dans notre nouvelle entrée asphaltée, ma nervosité a bondi d’un trait. J’ai éteint le moteur et regardé la maison. Je n’osais pas sortir immédiatement. Je contemplais mon avenir. J’ai finalement ouvert la portière pour rejoindre Steph à l’extérieur. Nous nous sommes dirigés vers la porte. Steph a tranquillement ouvert la porte comme si elle ouvrait un coffre dont le contenu nous était inconnu. Dans ma tête, nous étions des Goonies qui ouvraient la porte de la pièce où est retenue Cynoque. J’anticipais un choc. Nous avons pénétré en douceur notre demeure, puis comme deux enfants, nous avons couru dans toutes les pièces. YÉ! Nous étions vraiment excités.

Puis nous avons rencontré nos voisins. Ils nous ont fait quelques commentaires qui nous a fait douter de notre choix. Le reste de la journée fut morose. Avions-nous choisi la pire maison du quartier? Avions-nous payé trop cher? Les mêmes questionnements qui nous torturaient l’esprit revenaient nous hanter. Bravo voisins! La première journée dans notre maison s’est terminée au son de la détapisseuse et du déchirement de papier peint sur les murs. Ouf! Une journée riche en émotion de toutes sortes. Mais nous avons survécu.

Le lendemain, nous étions de meilleure humeur. Et puis merde les voisins. Nous sommes bien ici, que nous nous disions. La semaine s’est finalement bien déroulée. Nous avons effectué de petits travaux. Nous dormions sur un divan-lit si peu confortable, un véritable lit de camp. « Il est où le matelas, je ne sens que les ressorts dans mon dos », pensais-je toutes les nuits. Le déménagement, comme tous les déménagements d’ailleurs, a apporté son lot de stress et de mongoleries. Il a fallu que nous nous engueulions avec la compagnie de déménagements pour avoir nos trucs la journée même. Elle voulait profiter de notre camion pour déménager d’autres personnes et, par conséquent, il n’aurait pas pu nous livrer notre stock. Pas question! Le mec de la compagnie appelait Steph « ma petite madame ». Ish! Il n’aurait pas dû. Il lui a même dit : « Elle veut coucher dans son lit ce soir la petite madame? Elle veut avoir ses meubles la petite madame? ». Quel imbécile! Il s’est fait poivrée bien comme il faut. Finalement, nous avons eu nos boîtes et nos meubles le soir même.

Les 6 et 7 juin fut une fin de semaine intense de peinture. Des amis, Parise et Bernard, ainsi que Claire, ma Belle-mère, et son frère Benoît sont venus nous aider pour accélérer les travaux. Merci à vous, nous avons bien avancé. Il a fallu contenir un peu Claire qui ne voulait plus arrêter de peinturer. Une véritable machine. J’étais épuisé juste à la regarder travailler.

L’une des premières questions que les gens du coin nous pose est : « Pour quel ministère travaillez-vous? ». Une maison sur deux environ contient des fonctionnaires. C’est incroyable. J’ai également remarqué que, même pour les habitants de la région, il ne se passe que peu de choses culturelles à Ottawa. Quelle déprime! C’est avec une attitude de la sorte que rien ne se développe. Enfin, je vérifierai ces propos.

Je dois donner raison à mon ami Guillaume qui m’avait averti que, pour profiter pleinement de la région et ne pas se sentir coincé, il faut une automobile. Tout est un peu plus loin qu’à Montréal et le transport en commun n’est pas aussi efficace. Cependant, nous sommes dans une région où les pistes cyclables abondent. La semaine prochaine, je sortirais mon vélo pour les explorer et pour découvrir davantage et autrement cette belle région verte. Je n’en reviens pas à quel point nous sommes près de la faune ici. Dans le parc qui fait face à notre maison, des outardes sont venus déjeuner un matin. J’y ai également rencontré un lièvre et des marmottes. Ça me change des écureuils et des mouettes de Montréal. Quoique j’ai déjà vu un faucon pèlerin sur ma rue à Montréal, mais il me semblait complètement perdu.

La semaine prochaine, j’essaierai d’écrire davantage sur la région que sur moi. Promis! Ces deux dernières semaines, je les ai surtout passées dans ma maison un pinceau à la main. La semaine prochaine, je vais sortir un peu plus et goûter à ce que la région m’offrira.

Voici la bande annonce originale du film Goonies. La scène dont je parlais n’y est malheureusement pas incluse. Il vous faudra voir ou revoir le film.