Pardonnez-moi mon Père

6 07 2009

- Pardonnez-moi mon Père car j’ai péché.

- Allez-y mon Fils, je vous écoute.

- Mon Père, j’ai péché, j’ai omis de publier une nouvelle Chronique hulloise.

- Quoi mon Fils? Pour votre absolution, vous me ferez 5 rosaires.

- Bien mon Père.

- Allez en paix mon Fils.

- Mon Père, j’ai commis un autre péché ces dernières semaines. J’ai profité du congé de la Fête Nationale pour visiter Ottawa, en Ontario.

- Vous ne pouviez pas commettre un pire affront à Saint-Jean-Baptiste. Pour vous repentir, vous devez tout me raconter.

- Tout?

- Oui.

- Bon. Tout a commencé le 23 juin au soir. Après un cinq à sept sympathique, je me dirigeai vers un coin de Gatineau que je connais très peu, Aylmer, un secteur plus anglophone de ce côté de la rivière Outaouais. Les Cowboys fringants donnaient le spectacle de la Saint-Jean-Baptiste au Parc des Cèdres. Une bonne foule y était rassemblée. J’étais assez excité puisque je n’avais pas vu ce groupe en spectacle depuis la Saint-Jean-Baptiste 2006 sur les Plaines d’Abraham. Arrivé sur place, je fus frappé par un étrange sentiment; les gens autour de moi chantaient haut et fort les paroles engagées et, parfois, séparatistes du groupe et conversaient en anglais entre les pièces. Le petit gars de Québec que je suis n’était pas habitué à ce genre de rassemblement bilingue pour la Fête du Québec. À l’inverse, à Rosemont, cette année, des groupes anglophones chantaient pour une foule composée presque entièrement de Francophones. J’ai bien aimé mon expérience bilingue. J’ai décidé de récidiver. 

Le lendemain, je me suis retrouvé au Byward Market pour connaître davantage la quatrième  agglomération canadienne. Steph et moi avons flâné sans trop savoir où nous allions. Nous sommes entrés au hasard dans les boutiques. Il faisait beau et les gens étaient heureux. Nous aussi. Et c’est là que la chose s’est produite, j’ai oublié l’importance de la journée. Une journée dédiée à ma province chérie et voilà que je la passais dans une autre province. En Ontario, en plus. Quel sacrilège me diraient mes amis séparatistes. J’ai pris conscience de mon méfait en mangeant une poutine sur une terrasse. La poutine n’était pas bonne. La sauce était trop « gravy » et trop salée. Bref, ils ne savaient pas la faire. Le restaurant avait osé écrire sur son menu qu’il s’agissait d’un classique canadien. Steph m’a rappelé que le Québec était toujours inclus dans le Canada et que, par conséquent, la poutine était canadienne. D’accord, mais pourquoi avoir distingué sur le menu que le fromage en crotte était Québécois? Nous avons fini notre journée d’impies en s’achetant des fines herbes que nous ferons pousser cet été. Curieusement, tous les vendeurs de plantes et herbes au Byward Market sont Québécois. Je ne sais pas trop pourquoi. Voilà mon Père.

- C’est bien mon Fils, vous avez libéré votre âme de cette aventure impie. Vous me ferez tout même trois rosaires.

- Aimez-vous le café mon Père?

- Euh… oui. Pourquoi mon Fils?

- Parce que j’ai découvert un endroit remarquable où le café se vend en vrac, ainsi que le thé, la Brûlerie Aladdin. Chaque café est présenté dans de jolis paniers avec un écriteau expliquant le café et ses arômes. Il en est de même pour le thé et les tisanes. Un aspect remarquable : il faut se servir soi-même. Il est agréable de plonger la cuillère dans le panier et de remplir son sac. Le parfum du café et le son du frottement des grains de café m’ont enivré, m’ont charmé. Je voulais tous les essayer. La boutique offre également différents produits fins comme des huiles et des confitures. De plus, elle est à quelques coups de pédales de ma maison et de votre Église mon Père. Mon père? Mon père? Il est parti.


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2 réponses

6 07 2009
Alex Kovalev

(lire avec accent russe)

pour poutine bonne avec fromage squish squish, toi aller La Pataterie Hulloise sur Saint-Joseph.

pour Poutine mauvaise avec kaleshnikov, toi aller Kremlin Moscou.

7 07 2009
Maman

J’ai toujours hâte de te lire. Je suis certaine que, malgré tout, vous trouvez agréable de visiter un autre coin de chez-nous. N’oublie pas l’adresse du peitit café, j’ai hâte d’y aller.

Bisous à vous deux XX

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