Chère Maman,
Je sais, je sais, je n’écris que très rarement ces dernières semaines. En fait, cela fait déjà plus d’un mois que j’ai donné des nouvelles. Comme tu peux le constater, je ne suis pas mort. Tu n’as plus à t’inquiéter. Comme on dit, pas de nouvelle, bonnes nouvelles. Ces dernières semaines ont été surchargées de travail et de visites. Je n’ai eu que de rares moments de liberté. Le temps s’est envolé comme des akènes au vent. De plus, on dirait que la pluie s’est mal synchronisée avec mes temps libres. C’est entre ceux-ci qu’elle devait tomber, pas pendant. Heureusement, le mois d’août est davantage clément à ce niveau.
La vie à Hull est agréable. Je m’ennuie de la vie montréalaise, mais j’aime bien ma nouvelle vie de banlieue. Je constate qu’il me manquait des choses dans ma vie. Je redécouvre la nature, le silence, l’horizon. Je me baigne régulièrement dans la rivière Outaouais avec Steph et mes chiennes. L’eau est fraîche, mais jouissive durant la canicule. Les pistes cyclables sont magnifiques, nombreuses, mais assez difficile si tu n’as pas fait de vélo depuis un moment comme moi. Ça monte, monte, monte, monte, monte, monte et descend de temps à autre. Le Tour de France est juste un peu plus difficile je crois.
Depuis ta visite, je n’ai pas eu le plaisir de manger dans un restaurant de la région. J’ai encore en bouche les saveurs exquises du restaurant Les Fougères où nous sommes allés. Je me demande encore comment ce resto français a pu survivre dans ce nulle part où il est situé. Probablement grâce à la qualité de sa cuisine. Les plats étaient tous délicieux, riches en saveurs et variés. Tu te souviens? Hum!
Je n’ai pas plus eu de temps pour visiter d’autres musées. D’ailleurs, le Musée de la guerre, que nous avons arpenté, est le seul que j’ai visité depuis mon déménagement. Heureusement, il s’agissait d’un musée exceptionnel conçu sur le même modèle que le Musée de la civilisation à Québec. On y a suivi la triste histoire du Canada et des guerres auquel il a participé. J’ai retenu quelques moments forts : la limousine officielle de Hitler, les vidéos des soldats après la Grande Guerre, la simulation des bunkers et le morceau du mur de Berlin. J’aurai sûrement plus de temps cet hiver.
Je t’embrasse,
Hugues xx
Cher Papa,
Aurais-tu du temps à me vendre, il m’en manque?
J’ai essayé le plus possible de visiter Ottawa, cette ville énigmatique. C’est drôle comme on se retrouve toujours dans les coins les plus touristiques quand on entame la découverte d’une nouvelle ville. À Paris, on visite la Tour Eiffel, le musée du Louvre, la cathédrale Notre-Dame, l’avenue des Champs-Élysées, etc. À Ottawa, on se promène dans le quadrilatère du Byward Market, on visite le Parlement, on observe les plaisanciers emprunter les écluses du canal Rideau, on flâne à Rideau Hall. J’ai visité ces lieux et plus d’une fois. J’avoue que les écluses m’ont impressionné, surtout qu’elles sont, encore aujourd’hui, ouvertes à bras d’hommes. Il me faudra encore un peu de temps pour découvrir les endroits moins touristiques, mais plus charmants à voir. Je ne connais toujours pas les bons restos, les boutiques, les bouquineries et les pubs, surtout les pubs. Je dois en trouver au moins un avant que tu viennes me visiter.
J’ai dernièrement essayé une micro-brasserie du côté de Hull: Les Brasseurs du temps. L’extérieur de l’établissement est magnifique. Il s’agit d’un ancien bâtiment où le fondateur de Hull, Philemon Wright, a établi une brasserie à l’époque. La terrasse est, elle aussi, agréable à l’oeil puisqu’elle permet une vue sur le ruisseau de la Brasserie. Le choix de bière brassée sur place est diversifié, de la blonde à la noire en passant par la India Pale et la rousse. Leurs noms font sourire et donnent l’envie de les essayer toutes: Et la lumière fut, Bouillon de la chaudière, Carpe diem, l’Allumante, la Nuit des temps et Au pied du courrant. Alléchant n’est-ce pas. La India Pale Ale que j’ai prise était délicieuse et légèrement amère. Je n’ai malheureusement pas goûté à leur nourriture, à l’exception de ce qu’ils appellent faussement des tapas. J’ai goûté à leur ailes, frites et autres nachos. C’était correct. Le seul hic: l’intérieur. Une grande place vide de chaleur. On dirait davantage une Cage aux sports qu’une micro-brasserie. Des banquettes de style Rôtisseries Saint-Hubert et des tables cordées dans ce trop vaste intérieur m’a laissé de glace. Je n’avais pas envie d’y rester. Heureusement, j’étais assis à la terrasse. J’aurai aimé retrouver un peu de l’extérieur à l’intérieur. J’y retournerai quand même.
À bientôt,
Hugues